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Dans les anciennes écuries de Napoléon III qui jouxtent la cour Lefuel, Claudia Triozzi se donne à voir, comparse, œuvre « mineure » parmi les sculptures en bois polychrome taillées en Europe du Nord aux XVe et XVIe siècles. Poursuivant son projet « Pour une thèse vivante », commencé en 2011, l’artiste chorégraphe met à nouveau en friction le savoir et la pratique pour interroger tout ce qui habite un geste. Elle porte sur le musée un regard autre, où images, objets, sons et mots sont au travail dans le temps précaire de la performance.

Avec les invités réunis pour cette création, Claudia Triozzi se confronte à la célèbre figure de La belle Allemande ou Sainte Marie-Madeleine de Gregor Erhart, à sa passivité, à son pouvoir évocateur. Entremêlant présences et interviews, espace historique et immédiateté du regard, la performance aborde autant les savoir-faire mis en œuvre dans la sculpture que les états successifs qu’elle a traversés : « afin, dit-elle, que la condition d’une apparition émerge, que la pièce de musée, prise dans certain un mode de représentation, se décale et nous avec ».

 

Exposant son érotique d’icône, au plus proche de sa peau de naissance, privée de son élan vers les cieux, immobile, elle se laisse observer. 

Manipulée, corrigée, jugée, oubliée, descendue de la voûte parmi des œuvres mineures, à une place non désirée, peut-être se voulait elle plus lointaine. Destinée semblable des corps en représentation. 

Et si nous prêtions attention à la matière et au geste qui l’a conçue ?

Claudia Triozzi.